Quand je me suis mis à coudre et à tricoter il y a quelques années, je ne l’ai pas dit immédiatement.

La raison ? la tonne de préjugés qui collent à cette activité : truc de vieux – truc de vieille plus exactement car truc de fille -, rendu final hasardeux voire franchement moche (superbement symbolisé à mon sens par le gilet que Thérèse (Anémone) offre à Pierre (Thierry Lhermitte) dans Le Père Noël est une ordure.) Je rajouterai au triplé vieux/fille/moche encore deux idées préconçues qui vous empêchent encore certainement de vous mettre à coudre : ça prend énormément de temps et c’est fastidieux.

Malgré cela j’ai continué à coudre, de plus en plus, et je suis devenu un passionné. Non seulement j’ai trouvé dans ce loisir un nombre insoupçonné de satisfactions et beaucoup de stimulation intellectuelle (oui oui, les travaux manuels c’est aussi intellectuel !), mais en plus je me suis rendu compte que si quelque chose doit faire vieux aujourd’hui, ce sont bien les clichés présentés ci-dessus ! A l’exception d’un seul, mais j’y reviendrai.

 

Coudre, c’est de nouveau tendance !

La couture a depuis quelques année été remise au goût du jour. Les ventes de machines à coudre décollent en Europe et même en Asie. Des forums extrêmement actifs, des sites amateurs fleurissent un peu partout. Des émissions de coutures voient le jour en Grande-Bretagne, au Canada, et en France cette année. Des cafés-couture ouvrent leur portes dans certaines villes et proposent des locations de machines, des ateliers. Les reportages sur les tricoteurs ou couturiers amateurs se multiplient. Toute cette activité contribue chaque jour à reléguer un peu plus dans l’ombre nos vieilles images d’Epinal.

Après des décennies de règne du prêt-à-porter, il semblerait que les comportements commencent à se modifier un peu. On a sûrement envie d’avoir un rapport plus proche avec ce que l’on porte, car c’est une manière d’avoir une influence directe sur notre environnement (et un vêtement, c’est plutôt un environnement proche, non ?). Coudre un habit soi-même c’est un moyen de s’identifier, de dire de manière originale qui on est (d’ailleurs beaucoup commencent à coudre parce que dans le prêt-à-porter il manque le détail ou la coupe exacte de leurs rêves). Personnellement, je trouve très gratifiant de pouvoir me dire que la chose que je porte pour aller travailler ou passer une soirée est le résultat de mon travail. C’est également une grande joie de pouvoir offrir à quelqu’un un habit et de lui faire plaisir grâce à cette réalisation qui vient de moi.

 

Pourquoi ce blog ?

J’ai donc décidé de créer ce blog pour des raisons assez simples mais qui me paraissaient légitimes.

J’ai dit plus haut que toutes les fameuses « images d’Epinal » avaient la vie dure à présent, sauf une : la couture est encore trop loin des hommes. Alors que j’ai pu observer ici et là qu’il y a toujours un ou deux hommes qui participent à telle ou telle discussion sur un forum ou un site, je trouve qu’ils ne sont pas ou peu représentés sur la toile. Lors de mes recherches, j’ai eu parfois du mal à trouver les éléments techniques et de construction du vêtement masculin parce que peu de sites en parlent. C’est d’abord pour tordre le cou à ce dernier jugement de valeur qui dit que les mecs bricolent et que les femmes tricotent que j’ai décidé d’ouvrir cet atelier virtuel.

Quand on est autodidacte comme moi, on consulte beaucoup de choses, on observe, on lit, etc. Mais au bout d’un moment je pense que c’est bien de prendre du recul avec ce qu’on fait, notamment à travers le regard des autres, mais aussi leurs réactions, leurs questions, leurs remarques. Bref, je compte bien en apprendre beaucoup en vous lisant (je vais un peu vous utiliser en somme, mais vous aurez le droit de m’utiliser aussi).

La blogosphère couturophile est déjà bien fournie, mais je pense que quand on aime ce n’est jamais trop. J’adore aller sur mon onglet de sites de couture favoris et faire un tour pour voir et lire de nouvelles choses. C’est la richesse du net, et il faut en profiter. A mon avis, on n’a jamais assez de choix et si je peux offrir un point de vue supplémentaire et contribuer modestement à ce qui est déjà disponible, alors j’en serai heureux.

 

Ce que je vous propose…

Lorsque j’ai décidé de me mettre à coudre, ce fut pour faire le plus professionnel possible. Peut-être que c’est culotté, mais depuis que j’ai commencé j’ai pu me rendre compte que certaines et certains y arrivent. Ca demande du temps et de la patience, mais à mon avis ça en vaut franchement la peine. Je vous sens sceptiques, alors prenez deux minutes et posez-vous la question : qu’est-ce qui fondamentalement distingue une tarte au citron d’une chemise en coton ? Bon, ok, on peut trouver pas mal de différences fondamentales, mais considérez celle-là : imaginez que l’on vous demande si c’est vous qui avez fait la tarte au citron et que c’est vrai : vous serez flatté. Si l’on vous demande ensuite si c’est vous qui avez fait la chemise que vous portez, vous serez, je vous l’assure, moins flatté. On n’aime pas détecter la touche home-made dans un habit, quel qu’il soit, je ne sais pas pourquoi. Mais je prends cela comme un moyen de justifier ces efforts pour obtenir un habit qui a une belle allure. Et ce serais oublier le principal : le plaisir immense que ces efforts apportent. Quand je coud deux épaisseurs ensemble, je prends le temps d’ouvrir la couture pour qu’elle soit la plus plate possible : quelle joie de retourner la pièce et de voir la netteté de la ligne, comme le vêtement est continu en épaisseur ! J’ai cousu un trench il y a un an qui m’a fait sué sang et eau et pousser maints jurons, que j’ai mis beaucoup de temps à faire car je voulais que chaque détail soit parfait. Ils ne l’étaient pas tous à la fin, mais j’ai porté le vêtement de nombreuses journées en appréciant à chaque fois toute l’application que j’avais mise dedans. La première chose que je vous propose, vous l’aurez deviné, c’est d’être exigeant, exigeant avec vous-même, avec votre matériel, votre tissu, ce que vous lisez…

C’est pour partager le résultat de mes recherches sur la confection des habits d’hommes et centraliser un peu ce que j’ai pu apprendre que j’ai d’abord voulu débuter ce blog. Mais entendons-nous bien : les femmes sont les bienvenues, et je parle parfois de robes ou de chemisiers, car j’aime beaucoup coudre ce genre de vêtement aussi (j’ai deux soeurs assez coquettes en plus, alors j’ai de quoi faire) ! Mais comme les filles ont beaucoup d’avance sur nous, je vais quand-même me concentrer sur les techniques et éléments qui servent à créer des vêtements masculins.

Je vous fais part de mes découvertes au fur et à mesure, que ce soit un accessoire pratique ou un magasin de tissu, un site original et sympathique ou la forme d’un col, je vous montre des façons de faire que j’ai expérimentées et qui ont marché (ou pas !), et si le coeur vous en dit je vous propose de temps à autres de réaliser un projet ensemble en plusieurs étapes pour échanger nos points de vue par rapport à un vêtement particulier.

Ce blog est subjectif d’un bout à l’autre. Je n’ai jamais suivi une école de couture, par conséquent tout ce que je rapporte ici est le résultat de mes expériences au fur et à mesure que je les vis, le résultat de mes lectures ou de mes recherches… A aucun moment je ne pourrais prétendre utiliser la bonne ou la vraie méthode, aussi j’espère pouvoir compter sur votre bienveillante exigence (!) de temps en temps.

 

Cet article est d’une longueur effrayante et si vous êtes arrivé ici je vous en félicite ! Je vous souhaite la bienvenue dans l’atelier d’Augustin et espère que vous y passerez un agréable moment.

 

A.

 

Une Réponse

  1. j’ai pris des cours de couture où il y a eu des hommes, pas les mêmes concepts que les femmes, par exemple la façon de voir les mesures, le côté géométrie pensée instinctivement (un peu comme mon mari devant son établi!)…. et de bons résultats, ns étions complémentaires! donc votre blog va m’intéresser, c’est sûr!

Laissez un commentaire