Copier un pantalon de A à Z, partie 2 : Montage.

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Après avoir créé le patronage d’un pantalon à partir d’un modèle existant (premier chapitre : ici), tout heureux d’avoir réussi à trouver un calque à peu près fidèle, je me suis donc mis à créer un nouveau modèle. Voici le récit de la coupe et du montage dans ce deuxième billet.

 

Je vais faire beaucoup d’efforts pour que ce post soit court. Il y a beaucoup de points que je souhaite détailler par la suite : couper dans du tissu à carreaux, monter un zip, créer une doublure de ceinture, faire une poche passepoilée ou une poche côté dans la couture, monter la ceinture sur le pont, sur le sous-pont, créer des passants de ceinture rapidement, faire un revers, etc… mais si je rentre dans tous ces détails dans cet article, cela me prendra un mois pour l’écrire (finalement je vous livre l’article 6 mois après quand-même…cherchez l’erreur…), et je doute que beaucoup d’entre vous aient le temps de le lire en entier.

Je vais donc essayer de faire court, mais je vous préviens : vous risquez d’entendre parler de ce pantalon par la suite !

 

Nomenclature.

 

copier pantalon fiche technique

 

Voici ce qui constitue le patron du pantalon : 13 morceaux (7 dans le tissu, 6 dans la doublure) et 8 morceaux d’entoilage (il manque le n°5, et figurez-vous : je ne sais plus lequel c’est, si ça se trouve il n’y a donc que 7 morceaux d’entoilage).

Je pourrais faire mon frimeur et vous dire : « eh oui, avec un peu d’organisation et d’anticipation, voici mon patronage entièrement réalisé et ce qui m’a servi à couper ». Il n’en est rien. J’ai réalisé toutes les pièces au fur et à mesure où j’ai eu besoin d’elles dans la construction, de sorte que c’est seulement à la fin que je me suis retrouvé avec cette ribambelle de pièces. Mais voici maintenant qu’elles sont bien rangées, répertoriées, et classées sur une fiche, fiche dont je reparlerai sûrement un jour…

 

La Coupe.

Les Raccords.

J’ai coupé au fur et à mesure que j’ai eu besoin des pièces. Devant et dos, puis pour les poches, ceinture, etc. La principale difficulté est le motif du tissu. Les carreaux ne sont d’ailleurs pas des carrés mais des rectangles : 4,5×4,0. De sorte que l’on ne peut pas ne pas être vigilant : d’abord c’est un motif très grand donc visible quand pas raccordé, d’autre part c’est un motif irrégulier qui exige de la précision quant au sens dans lequel il est employé. J’ai également choisi un envers et un endroit pour le tissu, même si la différence était peu visible, ainsi qu’un sens. Sur une telle laine, la fibre a tendance à se coucher mieux dans un sens que dans l’autre : cela excluait par exemple de mettre le dos et le devant tête-bêche.

 

copier pantalon montage augustin couture raccords carreaux

 

Même le bas du revers doit être impeccable, car à partir de lui remonte tout le reste du pantalon. Les crans de montage m’ont permis des vérifications régulières des raccords.

 

copier pantalon montage augustin couture raccords revers

 

J’ai aligné le droit fil du devant sur une de ces lignes grises. A la réflexion, ce n’était peut-être pas une bonne chose, il aurait je pense été plus habile de l’aligner au milieu de deux lignes afin de ne pas « annuler » cette ligne visuellement avec le pli du pantalon. Mais j’ergotte peut-être, là…

 

Les Marges de couture.

Marquer les marges de coutures qui ne sont pas de 1 cm est maintenant automatique chez moi, je crante le début et la fin pour bien me repérer. La marge de fourche, comme elle est de largeur variable, demande à être marquée par un bâti tailleur. Ce même bâti me sert à marquer l’emplacement de la poche passepoilée. Par contre, si je bâtis rigoureusement sur la ligne de couture quand il s’agit de la fourche, je place en revanche les pointages (= bâtis) de la poche 5 mm. à l’intérieur de la poche, ceci afin de ne pas faire de trou à cet endroit déjà fragile, et de ne pas risquer du même coup que mon fil de bâti ne soit plus tard pris dans le capucin ou le bord du passepoil, ce qui est délicat à retirer.

 

copier pantalon montage augustin couture bâti tailleur

 

 

Les Poches passepoilées.

Redoutables et redoutées – de moi – poches passepoilées ! A chaque fois que je m’y suis essayé, j’ai été assez déçu. J’ai utilisé cette fois une technique à la limite entre tailleur et pap, à savoir que j’ai assemblé à la machine et à la main.

En utilisant un passepoil unique, coupé dans le biais pour éviter les raccords hasardeux de carreaux, j’ai utilisé beaucoup de marquages à la craie et au stylo bic, remarquable instrument sur le thermocollant !

 

copier pantalon montage augustin couture thermocollant

 

copier pantalon montage augustin couture passepoil

 

Une fois la poche fendue, j’ai formé les passepoils sur l’envers à la main.

 

copier pantalon montage augustin couture poche passepoilée

 

J’ai terminé l’assemblage de la poche à la machine : piqûre des capucins sur les fonds de poches, positionnement et maintien du parement de poche – qui évite de voir la doublure quand la poche est ouverte -, assemblage des fonds de poches d’abords à la surjeteuse envers/envers, puis à la machine endroit contre endroit pour créer une couture anglaise, solide et discrète.

 

copier pantalon montage augustin couture fond de poche

 

La bride de boutonnage du bouton a été formée dans le tissu, en droit fil, pliée et piquée entièrement sur une feuille de papier de soie pour rendre l’opération beaucoup plus facile. Je vous conseille d’essayer si vous ne connaissez pas !

 

copier pantalon montage augustin couture bride

 

Et finalement, j’en suis assez fier de mes deux poches passepoilées… Je suis rapidement passé sur leur réalisation, mais je ferai un article détaillé sur le sujet si cela vous intéresse.

 

copier pantalon montage augustin couture poches passepoilées

 

Les Poches de côté.

 

S’est posé la question, à cet étape de la construction sur l’ordre dans lequel j’allais procéder : poches de côté ou zip en premier ? J’ai opté pour les poches. Construire les poches d’abord suppose assembler dos et devant droits ensemble, puis dos et devant gauches ensemble, pour ensuite rejoindre ces deux parties au niveau du zip. En commençant avec le zip, j’allais avoir deux devants assemblés auxquels je joindrais d’abord un dos puis l’autre. Sauf que construire le zip, ça se fait sur quelques centimètres, alors que la poches, c’est sur toute la longueur du pantalon, vu que cela revient à piquer aussi toute la couture côté. J’ai donc choisi de commencer par cette étape qui demandait plus de place et plus de couture.

Je me suis servi pour cette poche d’une pièce d’étude que j’ai faite en juin aux cours de la Mairie de Paris. Cette poche, j’en ferai aussi un article, mais sa réalisation est beaucoup plus simple que la passepoilée.

On attache un fond de poche au devant :

 

copier pantalon montage augustin couture fond de poche côté

 

Sur le fond de poche du dos, qui sera visible quand on mettra la main dans la poche, on place d’abord un parement en tissu, ou on le coupe carrément en tissu, puis on assemble comme pour le devant :

 

copier pantalon montage augustin couture parement tissu poche côté

 

Endroit contre endroit, on pique la couture de côté du pantalon en passant par le fond de poche. La prinicipale difficulté fut de faire raccorder les lignes. J’ai piqué toute la première couture en vérifiant régulièrement, et pourtant à la fin il y avait 4 mm. de décalage. J’ai donc recommencé, cette fois en veillant bien à ce que les lignes soient parfaitement raccordées à l’endroit où elles seraient piquées, c’est-à-dire à 2 cm. du bord.

 

copier pantalon montage augustin couture raccord motif côté

 

Pour finir, cela crée une très jolie poche bien discrète. On remarque bien le parement de poche qui cache la doublure. Sur le devant on pourrait croire qu’il y a aussi un parement, mais cela est dû au décrochage de 2 cm. prévu dans le patron. Ce décrochage est très joli, car il permet que la couture de la poche ne commence pas directement à l’ouverture, et donc ne soit pas visible.

 

copier pantalon montage augustin couture poche côté

 

Le Zip.

Monter un zip, ça peut rapidement être galère. Je crois que c’est vraiment une opération qui demande d’avoir vraiment compris où on va à chaque étape. Je me suis entraîné régulièrement depuis des mois à en faire avec de la toile, mais je crois que c’est d’avoir décousu pas mal de vêtements qui m’a vraiment fait comprendre les enjeux de l’opération.

Je vous en parlerai également dans un post dédié. Voici quelques photos du montage en attendant. A noter que je ne vais pas jusqu’au bout du montage du zip : je ne surpique pas le pont (la couture visible sur le devant et qui atterit pile sous le zip). J’attends pour cela d’avoir fini quasiment tout le pantalon.

 

copier pantalon montage augustin couture zip 2

 

 

copier pantalon montage augustin couture zip 1

 

 

copier pantalon montage augustin couture zip 3

 

 

copier pantalon montage augustin couture zip 4

 

 

copier pantalon montage augustin couture zip 5

 

 

copier pantalon montage augustin couture zip 6

 

Les Passants de ceinture.

J’ai aussi  à vous faire un billet sur ces passants de ceinture. Faire des passants peut être rapide et amusant, ou long et pénible. Je préconise la première solution. Deux bandes de droit fil, un surjet, deux surpiqûres et hop !

 

copier pantalon montage augustin couture passants 1

 

 

copier pantalon montage augustin couture passants 2

 

 

copier pantalon montage augustin couture passants 3

 

 

copier pantalon montage augustin couture passants 4

 

La Ceinture.

Indispensable partie d’un pantalon : la ceinture. C’est par elle que la pièce tient sur nous, c’est aussi par elle que l’on termine le montage du pantalon.

L’extérieur de la ceinture, en tissu, est plutôt simple dans ce modèle. Je n’y donne pas de forme : c’est deux bandes droites avec des marges de couture, coupées avec le droit fil dans la longueur. Ici aussi, donc, le respect du motif est très important puisque les deux moitiés, gauche et droite, sont amenées à coïncider dans le dos.

 

copier pantalon montage augustin couture ceinture 1

 

L’intérieur de la ceinture est en doublure, dans le biais. Il serait possible je pense de couper une ceinture en un seul morceau, que l’on plierait en deux. Ainsi, extérieur et intérieur seraient semblables, et les opérations grandement accélérées. Mais cette finition n’est pas forcément très facile à rendre joliment, et sur une ceinture assez large (ici, elle fait 3,8 cm de haut), il se pourrait que l’intérieur roule mal par rapport à l’extérieur.

En effet, vu que la ceinture est considérablement consolidée et renforcée par l’ajout de thermocollant, de ruban gros grain, le périmètre de la ceinture extérieur est plus grand que celui de la ceinture intérieure. C’est un peu comme le périphérique, quoi. Si on veut mettre le même nombre de voitures sur le périphérique intérieur que sur l’extérieur, inévitablement les automobilistes seront plus serrés à l’intérieur qu’à l’extérieur. Et sur notre vêtement cela risque de se traduire par un gondolement.

De plus, je trouve que le haut de la ceinture a besoin de beaucoup de fermeté, fermeté qui peut, nous allons le voir, être donnée par les coutures d’assemblage entre tissu et doublure. Si la ceinture est en un seul morceau, il n’y a pas ce choix. La seule possibilité est alors de surpiquer le haut de la ceinture, et je n’aime pas beaucoup cela. Ca se voit beaucoup, ça peut être assez moche, et ça a surtpout un effet limité niveau rigidité.

J’ai donc fait ce qui est courant dans beaucoup de pantalons hommes du pap : une doublure de ceinture, composée de deux « rideaux« , tous deux coupé dans le biais. Le premier rideau est haut de 2,5 cm (bande étroite sur la photo). Le deuxième est haut de 5 cm : c’est la bande large sur la photo. Cependant ce rideau est plié en deux pour permettre de finir la ceinture, c’est pour cela que sur la photo il est deux fois plus haut que prévu. J’ai ajouté un passepoil décoratif, et en écru, c’est le gros grain qui sera plus tard inséré dans la ceinture.

 

copier pantalon montage augustin couture ceinture 3

 

Voici en dessous : la doublure de ceinture assemblée (mon biais n’est pas droit, c’est mal !), la ceinture extérieure sur l’endroit, et la ceinture extérieure sur l’envers : d’abord entoilée avec une maille, j’ai rajouté en haut une bande de thermocollant droit fil pour rafermir encore cette zone, ainsi que j’ai pu l’observer sur une jupe récemment décousue (celle que j’avais décousue pour passer mes nerfs après ma première tentative de copiage ;)). (Attention, quand on fait cela, il faut avoir préalablement identifié quelle moitié de ceinture est la gauche et quelle moitié la droite).

 

copier pantalon montage augustin couture ceinture 5

 

Voici maintenant l’intérieur et l’extérieur assemblés. Je suis désolé, la photo est floue (il était 2h30 du matin hihi). En bas, les deux parties assemblées, en haut, on remarque que l’extérieur  dépasse sur l’intérieur une fois la ceinture repliée : c’est voulu, et c’est rendu possible grâce à une piqûre de maintien dont je parlerai un jour : piquer ensemble, juste après l’assemblage des deux parties, la doublure de ceinture ET les deux marges de couture à 1 mm. de la couture permet de créer une triple épaisseur qui force l’épaisseur restée seule à « rouler ». C’est extrêmement pratique pour toutes les parementures, les ceintures, poches, etc…

 

copier pantalon montage augustin couture ceinture 6

 

Voici enfin la ceinture assemblée sur le zip. Ici le pont. C’est assez complexe, et j’en ferai un post à part entière aussi, avec des schémas explicatifs.

 

copier pantalon montage augustin couture pont

 

Sur le sous-pont, à l’aide d’un morceau de doublure qui vient recouvrir le sous-pont et plonge jusqu’à la fourche du pantalon pour une finition très nette.

 

copier pantalon montage augustin couture sous-pont

 

La ceinture est vraiment un élément qui prend beaucoup de temps dans le montage, encore une fois parce que c’est elle qui assure la us grande partie de la finition du vêtement et qu’elle est son élément le plus structurant.

 

L’Enfourchure.

Avant de rejoindre les deux moitiés de la ceinture par la fourche, il faut piquer l’intérieur des jambes, avec le même soin que pour les côtés, puis assembler a fourche… et là malheur ! mon appareil photo tombe – encore – en panne de batterie et je ne peux plus prendre de clichés ! Le pantalon était déjà quasiment terminé de toute manière.

Pour coudre l’enfourchure, je retourne une des jambes sur l’endroit, et cette jambe endroit, je l’enfile dans l’autre jambe… endroit contre endroit, donc. Cela permet d’avoir la couture d’enfourchure pile au bon endroit. Ce qui est délicat lors de la piqûre, c’est d’avoir la ceinture très bien alignée. C’est pourquoi je commence toujours par piquer par la ceinture, pour descendre jusqu’à la fourche.

Pour ce modèle de pantalon, j’avais choisi, et par coquetterie, je le confesse, et pour une raison pratique, d’aménager une encoche dans la ceinture au milieu dos. Pourquoi pratique ? parce que cette encoche permet paraît-il au pantalon de s’adapter à la plupart des cambrures. Et vu que la mienne est assez prononcée, je me suis dit que ça pourrait servir.

Ce n’est pas très compliqué à réaliser, et si vous le souhaitez je vous montrerai comment j’ai fait.

 

Les Revers.

Une des dernières choses à faire sur ce pantalon : les revers. Je dis « dernière », mais en réalité j’aurais mieux fait de mettre cette étape avant. Je ne l’ai pas fait lors de la construction du pantalon et je ferai autrement pour le prochain. En effet, il est bien plus pratique de préformer les revers quand la jambe est encore à plat, la couture de côté étant la seule formée, plutôt que de manier toutes ces épaisseurs quand le tube a déjà été fait. Donc préformer les revers au fer avant de piquer les coutures intérieures.

Le revers est fait comme suit. Là encore, il faudra que j’y revienne… Vous n’avez pas fini d’entendre parler de pantalons… D’abord il est entoilé jusqu’à 1 ou 2 cm au-dessus de la ligne de bas de pantalon.

 

copier pantalon montage augustin couture revers

 

Ensuite je forme cette espèce d’accordéon au fer en m’aidant des lignes du motif et en m’assurant que les deux jambes seraient rigoureusement similaires.

 

copier pantalon montage augustin couture revers 2

 

Une fois les trois hauteurs de revers repliées selon un ordre assez précis, il reste 2 cm de tissu pour finir ce revers et donner un bel aspect fini au bas du pantalon.

 

copier pantalon montage augustin couture revers 3

 

Une fois le revers en place, je l’ai fixé à la main au niveau des coutures. C’est une couture sillon, une couture dans une autre couture, donc une couture qu’on ne voit absolument pas.

 

copier pantalon montage augustin couture revers 4

 

Enfin, voici l’intérieur de mon revers. Vous pouvez remarquer que le tissu est replié dans la jambe. Ce qui peut être dangereux, c’est que le pied se prenne dans cet ourlet un matin de réveil un peu rapide (je suis tout le temps en retard) et défasse ou pire déchire le revers. J’ai donc tout fixé à la main à l’aide d’un point de chausson invisible. Deux fils de l’ourlet, puis à 1,5 cm. à droite deux fils de la jambe, et ainsi de suite, sans serrer.

 

copier pantalon montage augustin couture revers 5

 

Les Finitions.

Une fois que le pantalon est terminé d’assemblé, il s’agit d’abord de le « fermer« , et c’est par la ceinture que cela se fait. C’est une couture sillon, appliquée par l’endroit du pantalon, qui va tout fixer. Auparavant, j’avais glissé le ruban de gros grain dans chaque demi-ceinture. Cette manière de faire, je ne la recommande pas. Elle a marché, mais je trouve ça un peu hasardeux. Par ailleurs, mon gros grain faisait 3,8 cm de large ; ma ceinture 3,8. MAIS, j’ai rétréci cette largeur quelque peu pour qu’on ne puisse pas voir la doublure (voir paragraphe sur la ceinture). Il faut donc que je pense la prochaine fois que si je veux une hauteur finale de 3,8, il faut que je prévois 4,0. Du coup j’ai dû cette fois recouper mon gros grain.

La couture sillon nécessite que votre machine soit bien en forme. Il y a pas mal d’épaisseurs ! On part du pont, et on va jusqu’au sous-pont : pas d’arrêt ! Attention que les fonds de poches aient été correctement remontés dans la ceinture pour pouvoir être pris dans la couture. Normalement, le biais de la doublure de ceinture évite que des plis se forment. Pour ma part, il n’y a eu aucun problème de cet ordre.

 

copier pantalon montage augustin couture assemblage

 

Les passants ensuite : je m’y suis pris maladroitement quand je les ai fixés la première fois. Au lieu de les bâtir à 0,5 du bord du pantalon en attendant qu’ils soient pris dans la ceinture, il faut les fixer tout de suite, et à 2 cm du bord du pantalon. Une fois que la ceinture est assemblée, ils sont donc pris dedans, et en plus ils sont déjà fixés 1 cm en-dessous d’elle, car ce centimètre est nécessaire pour pouvoir leur donner à la fois assez de largeur et assez de tenue.

Mais en tout cas, à ce stade, l’extrémité encore libre est repliée de manière à ce qu’ils soient plaqués contre la ceinture, avec juste un peu d’aisance, et cette extrémité pliée est piquée dans le haut de la ceinture avec un fort point d’arrêt. Cette bride permet aussi de permettre de fixer le gros  grain dans la ceinture.

 

copier pantalon montage augustin couture bride passants

 

La poche côté : j’ai choisi de rafermir l’ouverture de la poche par une discrète pick-stitch dont j’ai déjà parlé ici, et j’ai piqué deux brides d’arrêt à chaque extrémité pour renforcer l’ouverture, à la machine.

 

copier pantalon montage augustin couture pickstitch

 

 

copier pantalon montage augustin couture brides

 

Le zip : j’ai finalement surpiqué le pont, depuis la ceinture jusqu’au bas du zip, afin de maintenir le pont au pantalon, et j’ai également appliqué une pick-stitch au milieu devant afin que la braguette ait une allure plus nette.

 

copier pantalon montage augustin couture braguette

 

Sous-pont : la doublure ayant été appliquée pour terminer la ceinture, il ne restait plus qu’à utiliser le bord libre, à l’intérieur du pantalon, pour le coudre avec les marges de couture sous-pont/pantalon/zip, afin de refermer l’espace.

 

copier pantalon montage augustin couture sous pont 2

 

Afin que le sous-pont se retrouve toujours derrière la braguette, il faut le piquer au pont en bas des deux pièces. Le pont étant fixé à lla partie gauche du pantalon par la surpiqûre que j’ai montrée plus tôt, cela permet donc que le bas du sous-pont soit toujours orienté lui aussi vers la gauche.

La fourche, et plus précisément l’endroit crucial où se rejoignent les deux devants et les deux dos, est sujette aux frottements du corps. Pour éviter que l’usure ne soit trop rapide, on peut ajouter des renforts d’enfourchure. Soit on les fixe sur les devants du pantalon dès le début, comme un entoilage, soit on ajoute à la fin une pièce de tissu carrée, ce que j’ai fait. C’est un simple morceau de doublure, dont je replie les côtés au fer sur 1 cm., et que je fixe successivement au sous-pont, à la couture de fourche, aux deux coutures intérieures.

 

copier pantalon montage augustin couture protection

 

Les boutonnières à présent : deux boutonnières devant, pour le bouton extérieur et le bouton intérieur.. J’ai profité de ces boutonnières pour illustrer mon article sur les boutonnières (ici), utilisant du cordonnet de soie pour les broder. elles sont souvents soumises à beaucoup de tension sur un pantalon, donc autant ne pas lésiner sur les moyens ! Je n’ai en revanche pas mis d’agraphes.

 

copier pantalon montage augustin couture boutonnières

 

J’ai cousu deux boutons pour fermer le pantalon, un bouton pour chaque poche passepoilée, et j’ai conservé un exemplaire de chaque bouton (un gros, un petit), que j’ai cousu dans le pantalon, au sacs de poches dos. Comme cela, ça m’évite d’avoir à chercher le bouton manquant le jour où l’un serait perdu ou cassé.

 

copier pantalon montage augustin couture boutons

 

Les plis, enfin. A l’aide d’un pulvérisateur, d’un clapper, et d’un fer bien chaud, je les forment d’abord sur les devants, partant du revers, ayant soin de suivre le droit fil jusqu’à la ceinture. Une fois ces deux premiekrs plis formés, je fais ceux des dos, mais cette fois je ne remonte pas plus haut que la fourche, afin que le pli parte de la fin du fessier.

 

Voici la fin de ce long long article ! J’ai été très heureux de pouvoir enfin vous parler de pantalons. J’en ai réalisés quelques-uns depuis mes débuts, mais c’est un ensemble de techniques assez important à maîtriser !!

 

Voici les photos sur moi pour terminer !

 

pantalon copié côté

 

 

pantalon copié augustin devant

 

 

pantalon copié augustin revers

 

 

A bientôt,

A.

8 Réponses

  1. Noëlle Adam
    Chapeau ! Mais alors les carreaux légèrement rectangulaires, je ne sais pas si c’est du grand art ou du masochisme ou les deux, en tous cas il faut être bien réveillé. Le résultat est très joli.
    N’ayant pas de pantalon qui aille -ben oui, c’est aussi une motivation pour coudre- cet article me donne envie de me remettre sur les essais de coupe.
  2. Très belle réalisation, je suis impressionnée ! Je viens d’apprendre ce qu’était le  »pickstitch » Merci.
    Très joli choix de tissu, ce pantalon est très élégant!
  3. Bonjour

    eh bien moi je l’ai lu en entier avec un grand plaisir !!!
    J’adore le choix du tissu, votre travail est raffiné et les détails sont bien réalisés.
    Il vous va très bien !
    Un blog qui fait du bien aux yeux !

  4. Françoise W.
    Résultat impeccable et beau seyant, bravo pour cette superbe réalisation : le raccord des petits carreaux a du être bien fun…et le pick-stich des poches est très raffiné.
    Grand merci pour ces explications bien illustrées, j’attends avec impatience le détail de certaines étapes (le zip…). Une planche avec la forme des différentes pièces ainsi que leur nom, voire un petit glossaire (ponts, sous-ponts, rideaux…)seraient très utiles pour mieux comprendre comment tout cela s’assemble.
    À bientôt pour la suite !
    • Augustin
      Bonjour ! Merci beaucoup pour votre commentaire. Et merci pour votre suggestion, qui comme souvent donne pas mal d’idées de prochains billets. C’est en effet un sacré casse-tête à comprendre au début, tout cela, et je tâcherai de détailler le tout dans les mois à venir. A bientôt, A.
  5. Christiane Quidet
    Bonjour Augustin
    Que de travail ! ne serait-il pas plus simple de faire un patron de pantalon classique de base à tes mesures.
    Aux éditions Vauclair il y a 2 tomes sur le vêtement masculin, très bien fait. J’ai fait d’après cette méthode les pantalons de mon mari qui est loin d’être standard et ses chemises conformation trapue/obèse.
    La méthode tient compte des différentes conformations.
    Tes finitions sont parfaites, tu couds admirablement bien.
    Pour les femmes la méthode dp studio en pantalons est aussi très bien.
    Chris
    • Augustin
      Bonjour
      J’ai fait plusieurs patronages de base, que j’ai ensuite travaillés à mes mesures. Pour les pantalons taille haute, cela n’est pas un problème, ça marche même plutôt bien. Ce qui est plus compliqué, c’est pour une coupe plus ajustée. Je trouve cela excessivement difficile à couper. D’où l’idée de prendre un pantalon dont j’aime la coupe sur moi et de le dupliquer. Je préfère passer pas mal de temps sur cette étape avec un résultat qui me plaît et que je pourrai décliner en plusieurs tissus, en changeant les poches, les revers, etc… que de refaire un patronage qui ne me satisfera que moyennement en coupe à plat. J’ai feuilleté la méthode de Pellen, et je pense que je l’achèterai un jour (vivement Noël…), j’en entends beaucoup de bien. J’ai récemment acheté le livre sur les jupes d’Antonio Donnanno, ça a l’air très bien et dedans il y a aussi des patronages pour hommes (enfin un livre mixte !), mais je n’ai pas encore eu le temps d’essayer. A bientôt !

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