Le manteau de Marcelin.

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Souvent les gens vous disent : « tu fais de la couture ! comme tu dois être patient ! » Je ne suis pas toujours convaincu d’avoir cette qualité quand je couds, parce que je m’énerve assez souvent. Néanmoins, il m’en a fallu pas mal pour terminer ce manteau qui m’a donné beaucoup, beaucoup de fil à retordre. Je le considère sans aucun doute comme l’habit le plus difficile que j’aie fait depuis que j’ai commencé à coudre.

 

Coudre un manteau.

Je suis heureux de partager avec vous un projet de 2014-2015-2016 qui m’a pris des mois et des mois. Je n’ai pas travaillé sur le manteau de Marcelin à plein temps pendant toute cette période, bien sûr, mais ce que je peux dire que j’y ai passé des dizaines d’heures. Je pense même ne pas être très loin de 200…

Je me dois de vous prévenir dès maintenant : cet article va être assez long, peut-être même logorrhéique ! (whou c’est pas tous les jours qu’on le place ce mot-là !) C’est parce que derrière l’histoire de Marcelin et de son manteau il y a aussi les découvertes couturistiques que j’avais faites auparavant et dont ce manteau est devenu le terrain d’exploration.

Mon ami Marcelin – dans la vraie vie il ne s’appelle pas du tout Marcelin, mais c’est lui qui a choisi son pseudonyme, et comme ça rime avec Augustin, je l’ai validé – voulait un manteau. J’avais déjà essayé le genre sur moi, un long manteau noir que je vous présenterai à l’occasion, et un trench. Toujours est-il que lui voulait un manteau, et que moi j’avais envie d’en coudre un. Parfait. Le patron est acheté sur internet lors d’une solde avantageuse du site de VoguePatterns (qui au passage offre une base de modèles hommes, pas forcément très jeune parfois, mais qui a le mérite d’exister ici et qui offre parfois des nouveautés). C’est pas beau à regarder rien que sur la pochette ?

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Le manteau, ici en version unie camel.

 

Un habit qui fait assez habillé avec son double boutonnage, auquel le revers rond et le col assorti donnent de la fantaisie, un manteau chaud pour l’hiver. Ca tombe bien puisque Marcelin se rend régulièrement au Québec pour son travail. Marcelin et moi nous nous rendons un jour au chez Tissus Reine et il choisit un magnifique lainage gris avec de gros chevrons, ainsi qu’une doublure épaisse (pour manteaux) bleu foncé…

 

 

Quelle méthode choisir ?

L’idée lancée, le tissu acheté et le patron arrivé, il ne restait plus qu’à s’y mettre.

Or je venais de terminer à l’époque une veste pour moi, une veste en tweed, sur laquelle j’aurai aussi l’occasion de revenir, une veste que j’avais faite d’après le livre de Jacqueline Chiappetta sur les vêtements d’hommes. Je fais le détour par la veste en tweed pour expliquer le fait que j’aie mis 200 heures à coudre ce manteau et pas 80, ce qui aurait déjà été beaucoup me direz-vous. La méthode expliquée par Jacqueline Chiappetta est une méthode à mi-chemin entre la technique prêt-à-porter et la technique tailleur (en fait elle propose même les deux). A savoir qu’en prêt-à-porter, même chez Boss ou Armani, on utilise pour donner du corps aux devants de l’habit une toile thermocollante, une toile que l’on appose sur l’envers du tissu et que l’on colle à celui-ci au fer (enfin chez Armani ça doit plutôt être de grosses presses mais chez nous ça reste un fer à repasser). Chez un tailleur, ou en tout cas traditionnellement, on utilise pour renforcer les devants une toile que l’on coupe, à laquelle on donne du relief à l’aide de pinces, et que l’on coud au tissu principal à l’aide d’une multitude de points qui ne doivent évidemment pas être visibles sur l’endroit. Julien Scavini, sur son blog Stiff Collar, en parle très clairement ici. Il faut dire qu’étant tailleur réputé, il sait ce qu’il dit.

Après avoir construit ma veste à la manière tailleur grâce à Jacqueline Chiappetta, je me suis tourné vers l’un des ouvrages de Roberto Cabrera, référence en couture tailleur dont j’ai fait une présentation ici. J’avais donc très envie de réaliser un vêtement d’après ce livre. Je me suis donc innocemment dit que j’allais réaliser le manteau comme on réaliserait une grosse veste, m’aidant à la fois des indications de Vogue et de celles de Cabrera.

 

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Réalisation du manteau.

Réalisation de la toile et préparation du tissu.

Je ne faisais franchement pas le malin en commençant ce projet. Le tissu était certainement le plus luxueux que j’avais jamais cousu. Pour être sûr qu’au premier nettoyage à sec il ne se déformerait pas, j’ai commencé par mettre le coupon au pressing. Peut-être que ça fait bizarre de débourser 15€ de plus avant même de commencer, mais ce serait dommage de ruiner tant d’efforts au premier entretien, non ?

Pendant que le lainage faisait sa balade au pressing, je me suis mis à faire une toile une fois les pièces principales du patron recopiées ; c’était indispensable. Je n’en ai hélas pas de photos mais grâce à cette étape, j’ai corrigé les longueurs d’épaules, trop grandes sur le patron, reformé les emmanchures en conséquence, et pu vérifier que le cintrage du manteau était bon (Marcelin est assez à cheval sur le cintrage, d’ailleurs…).

 

Calcul des raccords.

Marcelin, très innocemment, avait choisi un tissu avec des chevrons et moi, j’avais fait preuve d’une insouciance coupable ! Vogue précise que les grandes diagonales ne conviennent pas sur ce patron. Il n’est pas précisé qu’avec des grandes rayures (puisque si l’on veut le chevron peut se résumer à une large rayure verticale remplie d’accents circonflexes empilés) ça passe tout seul. Je compris ma douleur aussitôt que je commençai à me poser la question. J’ai eu beau faire un bac S, aimer les problèmes de géométrie et les casse-tête, là j’ai quand même eu ma dose.

Les raccords se trouvent (et c’est là l’ordre de priorité que je m’étais fixé) :

  1. au milieu du dos
  2. entre le dos et l’empiècement dos (en effet le dos s’arrêtait au niveau des omoplates et un empiècement reprenait au-dessus, un peu à la manière d’une chemise)
  3. entre le dessus de col et le milieu du dos
  4. entre l’empiècement et les devants
  5. au milieu devant

Je n’ai pas cherché de raccord pour les manches, ni pour les petits côtés entre le dos et le devant.

Ce n’est pas si insurmontable après tout, et nous aurons l’occasion d’en parler un jour, mais travailler avec un tissu à 60€ le mètre sur l’envers (bah oui, sinon c’est trop simple), sans pouvoir couper quoi que ce soit avant d’être sûr, tout en se disant que si le raccord marche pas ça se voit, et même énormément tant les motifs sont gros, géométriques et simples, et en gardant à l’esprit qu’il n’est pas possible d’avoir à recouper une grande pièce sinon il n’y a plus assez de tissu pour finir le manteau. AAAAHHHH ! Mais finalement ça s’est bien passé, après quelques dizaines de croquis et de prises de tête.

 

manteau homme couture augustin

 

manteau homme couture augustin

 

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manteau homme couture augustin

 

Coupe et préparation des pièces

Une fois les raccords réglés, couper fut un jeu d’enfant !!!!!!!!!!!!!!

Non je plaisante. Couper fut une belle épreuve. Déjà pour un tissu pareil, heureusement que j’avais ça (en bas de la photo)

Photo de famille

et pas ça

 

ou encore moins ça

 

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sinon jamais je ne m’en serais sorti. On comprend bien le sens de l’expression activité manuelle dans ces moments-là…

Comme le préconise Cabrera, je coupais les pièces au fur et à mesure que j’en avais besoin. Et je trouve l’idée vraiment précieuse, car elle permet des ajustements en milieu de parcours qu’une coupe intégrale au début du travail n’autorise pas. Et puis ça permet de varier les plaisirs et de laisser la main se reposer un peu de temps en temps…

Pour être certain de ne pas me planter, je traçais les contours du patron en rouge, et la ligne à couper, une fois les surplus de couture ajoutés, d’une autre couleur, en bleu par exemple.

Quand je finissais de couper une pièce je bâtissais les lignes importantes. Lignes de revers, boutonnières et boutons, lignes de milieu dos (très importante surtout pour avoir un raccord impeccable lors de la couture)… Je ferai un article sur le bâti, que je n’ai pas compris tout de suite quand j’ai commencé à coudre. Je trouvais ça plus rapide avec des épingles. Maintenant soit je bâtis soit je ne mets rien du tout sur la ligne de couture. Mais encore une fois je ne vais pas faire ce billet plus long qu’il ne l’est déjà et nous en reparlerons un jour.

 

Montage de la toile tailleur.

Je ne vais pas passer en détail toutes les étapes de la construction de ce manteau, juste les plus marquantes pour moi. Et l’assemblage de la toile en est un.

Je me suis rendu chez Lafayette Saltiel, le seul commerçant que je connaisse qui vende de la milanaise pour faire les boutonnières par exemple, une entreprise de luxe qui vend aux professionnels mais aussi aux particuliers des produits d’une qualité irréprochable avec une amabilité et une bienveillance tout aussi irréprochables. J’ai donc acheté deux types de toile pour faire le manteau : de la toile proprement dite, pour une grande partie des devants, ainsi que de la toile à plastron, différente dans le matériau utilisé et la texture, qui est destinée à renforcer la partie pectorale.

L’assemblage de la toile passe par plusieurs étapes (qui se font toutes à la main !) : créer une forme sur la toile elle-même, en l’assemblant au plastron, en coupant des pinces à l’intérieur, etc. Puis bâtir cette toile sur chacun des devants suivant un schéma précis. Attacher la toile à chaque revers en donnant « du roulant » ; c’est certainement la plus longue étape puisqu’il s’agit d’assembler la toile au moyen de minuscules points de chevron, pris sur l’envers, mais qui doivent rester invisible sur l’endroit du manteau. La toile sera ensuite attachée en divers endroits (épaule, côté, parementure), toujours à la main, au fur et à mesure que la construction du vêtement avancera.

 

Montage du col tailleur.

Sueurs froides… tant d’épaisseurs se trouvaient réunies sur une si petite surface que j’ai cru ne jamais y arriver. Dans le col aussi se trouve une toile, mais cette fois-ci j’ai utilisé du thermocollant. Le dessous de col est coupé dans le biais, pour pouvoir s’étaler souplement sur le dos et les épaules, le dessus de col étant quant à lui coupé dans le DF.

 

Assemblage de la doublure.

Marcelin avait choisi une magnifique doublure satinée bleu foncée, spécialement conçue pour les manteaux, à savoir qu’elle est très épaisse et résistante. Comme je suivais une méthode de montage classique, la doublure n’a pas été principalement piquée à la machine puis retournée, mais complètement assemblée à la main. La doublure de chaque partie du manteau (dos, devants+côtés) était d’abord bâtie sur la pièce de tissu correspondante, en conservant de l’aisance (pour que ça ne tire pas), et les pièces de doublures ont ensuite été assemblées entre elles à l’aide de points glissés invisibles.

 

manteau homme couture augustin

Montage des manches.

Cette étape-ci ne fut pas non plus sans difficultés, mais je fus très content du résultat. Il a d’abord fallu construire les manches séparément, les doubler, puis créer l’épaulette à partir de ouatine bâtie dans une toile fine. Ensuite, il s’agit de former la tête de manche à l’aide d’une « cigarette », bande de tissu dans le biais qui a pour but de donner du relief au haut de la manche.

Puis j’ai assemblé la manche au corps. J’ai d’abord fait essayer le manteau à Marcelin (sans les manches), noté l’aplomb de son bras contre le corps du manteau, puis bâti la manche pour qu’elle tombe exactement comme le bras. Le but était d’éviter les plis en diagonale que l’on voit souvent sur les vestes quand les bras sont au repos. Evidemment ça n’est pas allé la première fois, il a fallu démonter, faire « tourner » la tête de manche vers l’arrière, rebâtir, réessayer, redéfaire encore, réajuster, rebâtir et… ça a marché ! J’étais vraiment heureux ! Une fois les manches bâties de cette façon, j’ai cousu, d’abord à la main – pas vraiment le choix pour conserver l’embu considérable nécessité par l’épaisseur du tissu – puis, une fois ma couture à la main régulière et assurée, j’ai piquée à la machine (faut pas déconner quand-même).

Après cela, il ne restait que la doublure des manches à assembler à la doublure du corps, ce que j’ai fait à la main à l’aide d’un minuscule point arrière que les Anglais appellent prick-stitch.

J’ai été heureux du tombé des manches, malheureusement la longueur d’épaule était encore trop grande et le manteau ne tombait pas parfaitement. Il a donc fallu que je rouvre le tout (j’ai mis des mois à me forcer à la faire tellement je n’avais plus envie d’y toucher…) et que je raccourcisse les épaules comme je l’avais fait ici. Et en plus au final je les trouve maintenant moins jolies. Mais au moins le manteau a les bonnes dimensions…

manteau homme couture augustin

 

manteau homme couture augustin

En guise de conclusion.

J’ai été très très heureux de faire ce manteau. Il m’a fait repousser mes limites, m’a appris une foule de choses. Je trouve le résultat plutôt convaincant malgré les maladresses. Cependant je pense que j’atteins les limites du plaisir que peut donner un vêtement par rapport au temps demandé. La confection a duré des mois, et je vous ai épargné l’assemblage des parementures, des revers, des poches à rabats, de la fente de dos, des boutonnières (à la main encore, et pas hyper réussies d’ailleurs), des poches intérieures etc. etc… qui rajoutent encore à la durée.

En tout cas, Marcelin est habillé pour l’hiver.

 

manteau homme couture augustin

Et vous ?

Quel est le projet le plus dur que vous ayez eu à faire ? le plus long ? avez-vous fini ? êtes vous adeptes du standby ?

Dites-moi tout !

 

 

A bientôt,

A.

 

 

 

22 Réponses

  1. « Magnifaïk mon chéri » dirait certainement Cristina. Franchement chapeau, beaucoup de travail mais le résultat est au niveau attendu ! J’admire en particulier les boutonnières et le montage de la doublure, obsédée des details que je suis. Il nous faudra quelques uns de vos secrets en ce domaine, de même qu’en ce qui concerne la fabrication des épaulettes tailleur car je n’ai toujours pas trouvé de tutoriel convainquant jusqu’à présent. Avoir entoilé le manteau entièrement à la main a dû se révéler un travail de titan. Dans un projet pareil, il n’est pas étonnant de faire des interruptions car par moment, on se retrouve dans des impasses techniques ou on a simplement assez, découragement temporaire devant l’ampleur du défi. Personnellement, j’ai aussi eu des stand-by temporaires sur des projets ambitieux mais je me suis toujours donné pour règle de reprendre si le projet était sauvable ou bien de démonter pour faire autre chose si c’était possible- je n’aime pas le gaspillage et l’echec- et en dernier ressort poubelle (très rare). Pour me remotiver je fais des petites choses marrantes ou utiles, mais pas prise de tête. Surtout toujours avoir du plaisir à coudre.
    Merci encore pour ce partage d’expérience, c’est éclairant et enthousiasmant!
    • Augustin
      Les épaulettes… Allez voir le site de madebyhands, il y a un tuto dont je me suis très largement inspiré, conjointement avec le livre de Cabrera.

      Merci pour ce long commentaire : c’est très important de vous lire après tout ce travail !

      Je parlerai très bientôt de boutonnières car depuis ce manteau j’en ai appris davantage.
      Pour l’assemblage de la doublure je me renseigne encore. En effet, j’ai cousu à la main, mais je suis de plus en plus partisan d’utiliser la machine, à partir du moment où le résultat est beau et solide. Je ne suis pas tailleur et j’ai découvert par ailleurs que des techniques existent pour gagner du temps et obtenir un résultat très propre.

      Combien d’idées d’articles vous me donnez, Françoise !!

      Encore merci.

  2. Superbe manteau! Je suis impressionnée par le temps que tu y a passé et les techniques que tu as employées. J’espère que Marcelin a été content du résultat.
    Personnellement, j’aurais largement dépassé la limite du plaisir avec un projet comme cela (mais la question ne se pose pas car c’est hors de mes compétences).

    Mon projet le plus dur a probablement été un robe Burda dont le résultat n’a pas été à la hauteur de l’investissement en temps et en tissu: https://lesbidouillesdejunelle.wordpress.com/2015/07/28/la-galere-burda/
    Je ne suis pas adepte du stand-by car je perds ma motivation et j’ai du mal à reprendre le projet.

    • Augustin
      Oh je me souviens de ton projet burda ! Je l’avais commenté ! J’espère que tu as eu plus de satisfactions depuis !
      En tout cas merci pour ton commentaire, c’est vrai que ce fut un projet un peu extrême pour mes moyens, donc ravi que tu le trouves bien !!
      À bientôt. A
  3. Mais quel manteau!!! Marcelin a bien de la chance de pouvoir porter un tel chef d’oeuvre, tant quant au tombé parfait qu’à la qualité du travail apporté, Julien Scavini n’aurait pas fait mieux (et pourtant dieu seul sait comme j’admire cet homme, son blog est ma Bible en matière de couture pour hommes).
    Et j »apprécie d’autant plus toutes les explications détaillées, limite plus intéressantes que le produit fini (limite hein mais là c’est mon p’tit coeur de couturière amatrice qui parle, accro aux techniques de montage)
    Et quelle patience (oui oui c’est le bon terme ici) pour avoir affronté et vaincu chaque étape!

    Personnellement, mon projet le plus dur sera le prochain : la copie d’un manteau asymétrique avec un col châle à droite et col tailleur de l’autre et une fente au dos. D’ailleurs, un petit entrainement avec un manteau style boyish à col tailleur est en préparation pour apprendre ce col, restera à étudier la doublure de la fente avant d’attaquer le graal…

    • Augustin
      Merci ! Non, franchement, il y a plein de d’endroits de ce manteau qui auraient pu être bien mieux réalisé, et j’aurais eu Julien Scavini sous la main j’aurais eu environ 350 questions à lui poser ! Bon courage pour le col asymétrique, car je crois comprendre que tu fais toi même le patronage ? eh bien j’espère l’admirer bientôt : tiens-moi au courant !
  4. Bonjour Augustin,

    pour la doublure, personnellement, je ne m’embête plus : je pose systématiquement une parementure d’encolure au dos (sur le manteau de Marcelin, il n’y en a pas),je monte les devants et dos de la doublure puis je couds ma doublure devant et dos sur les parementures devant et dos. Bien sûr, j’ai pris soin au préalable de tenir compte de la parementure d’encolure du dos dans la découpe de la doublure dos. Cela permet d’inclure facilement un petit passepoil qui va rigidifier le cas échéant l’assemblage. Pour les manches, j’assemble le bas de manche tissus de dessus et doublure à la machine mais je monte les têtes de manche à la main, cela permet de gérer au mieux l’embus.

    En ce qui concerne le bas du manteau, deux options sont possibles :
    – soit laisser le bas libre mais il faut que l’ourlet du tissus de dessus soit nickel, avec un petit biais par exemple
    – soit coudre à la main à points lâches la doublure contre l’ourlet. Il faut dans ce cas, faire très attention à la tension des tissus et à leur bon positionnement sinon, on se retrouve dans le syndrome du manteau rouge (!!!). Pour éviter ce phénomène, le mieux est d’installer l’ensemble sur un mannequin.

    Bonne couture et à bientot,

    Mais quand on n’en a pas me direz-vous, que faire ? … pourquoi ne pas utiliser le dossier d’une chaise qu’on va rembourer avec une serviette de toilette par exemple, puis installer le manteau couture dehors sur le dossier et enfin monter la chaise sur une table ce qui permet d’avoir le tissus en partie dans le vide.
    Je reconnais que cette méthode est un peu acrobatique pour le manteau et pour le couturier, mais quand on n’a pas l’équipement ad’hoc on se débrouille.

    Il y a plein de tuto qui expliquent le montage complet tout à la machine, mais c’est valable pour les petites pièces légères (petit citron). Mais j’ai de gros doutes sur la méthode avec un manteau entoilé en lainage d’un poids de 600g/ml…

    • Augustin
      Bonjour, merci pour vos commentaires toujours très détaillés.
      En effet, je ne sais pas pourquoi il n’y avait pas de parementures dans ce manteau : déjà, c’est plus solide pour cette zone soumise à pas mal de tension, et en effet c’est plus facile à monter et à rendre propre. Je suis sur une cape en ce moment et je peux vous dire que les parementures dos et devants sont bien là ! 😉

      J’ai observé une troisième manière de monter la doublure, qui est de glacer l’ourlet du tissu à la main, à 2 cm du bord, puis d’assembler la doublure au haut de l’ourlet en retournant le manteau. Le passage du manteau sur l’endroit se fait grâce à une ouverture aménagée dans la doublure d’une des manches, qui est ensuite cousue à la main. J’essaierai un de ces jours et vous dirai.

      J’adore les solutions un peu acrobatiques : ben oui, quand il nous manque quelque chose il faut savoir improviser ! mais pour ce qui est du mannequin j’ai investi il y a quelques années, et donc ce n’est pas un problème. Mon questionnement actuel : comment le customiser pour qu’il se rapproche des formes féminines (bassin/poitrine notamment).

      Très bon dimanche !

  5. Quel belle pièce, quel beau travail! A le voir ainsi, on est loin d’imaginer qu’il a été confectionné par un amateur (certes éclairé). Tes finitions intérieures sont raffinées, tes raccords sont bien faits : tu peux être fier de toi. En lisant ton compte-rendu et ta conclusion, je me suis remémorée la confection de mon duffle-coat, (visible ici :
    https://double-clic-et-vieilles-dentelles.blogspot.fr/2016/03/le-cascade-duffle-coat.html),
    qui est la pièce la plus complexe que j’ai réalisée jusqu’à présent. Ce fût tellement difficile qu’à la fin je n’arrivais plus à trouver du plaisir à le coudre (et pourtant il est certainement plus simple et moins élaboré que ce manteau de Marcelin) . Heureusement, avec le temps on oublie mais il est certain que je n’aimerais pas passer mon temps à faire des manteaux. Vive les pièces plus simples avec des tissus plus légers!
    • Augustin
      Bonjour et merci beaucoup !

      Je suis allé voir ton duffle-coat dont j’admire le tissu et ses supers motifs. En effet, le duffle-coat, j’y ai pensé plusieurs fois, mais n’ai pas encore osé m’y mettre ! j’imagine tes sueurs froides…

      Pour ta question sur l’ourlet du bas, il y a parfois sur des tissus épais un problème d’ajustement de l’ourlet, car étant à l’intérieur du manteau, si le bas de celui-ci est en plus un peu courbe, l’ourlet demande des dimensions un peu réduites. Sinon il y a trop de matière et ça se met à gondoler… Je ne dis pas que c’est forcément ça la solution, mais c’est peut-être une piste à explorer…

      En tout cas heureux de te rencontrer et d’avoir parcouru ton blog, et à bientôt j’espère !

  6. Wouahhhh! Il est sublime ce manteau, quel boulot! Je t’admire pour la perseverance. Pour les doublures, je n’ai toujours pas sauté le pas pour adopter la méthode industrielle, je bloque un peu. Je trouve que la fixation manuelle est plus précise, j’ai vu tellement d’ ouvrages gâchés par les plis formés sur le bas des pièces . Les boutonnières avec la milanaise, j’ai fait des essais pas très convaincants, je m’entraine 🙂 . Mon prochain manteau est découpé depuis le printemps dernier, il faut que je m’y remette. Boutonnières et poches passepoilées seront mes prochains défis, ainsi que la pose de cigarettes (je tremble).
    • Augustin
      Que de belles perspectives !!
      Pour la pose de doublure, je pense qu’il faut se faire une toile spécialement, hyper simple, pour juste bien visualiser comment c’est sensé se passer. J’avais monté la doublure de mon trench et d’un manteau noir de cette manière, guidé par un bouquin, et ça n’avait posé aucun problème. mais heureusement que le livre était là parce qu’en effet je rejoins ton avis et celui de on ne sait pas franchement où on va… !
      Après je pense qu’il y a aussi une histoire de crans de montage à régler assez précisément, mais il faut que je réfléchisse un peu là-dessus…
      Bon courage pour les poches passepoilées et les boutonnières. en ce moment je m’amuse à faire les premières à la chaîne, dès que j’ai un petit moment, pour m’habituer à avoir l’oeil, et les secondes, va falloir que je m’y mette sérieusement car il y en a plein qui m’attendent sur une chemise, et j’ai trois articles sur le feu les concernant !

      A bientôt !!

  7. Ce manteau est magnifique !! Je l’ai montré a mon compagnon (couturier de coussin amateur) et il admire énormément ton travail. Et moi de même.
    J’ai pas tellement attaqué de projet compliqué, actuellement, mais je compte faire mon premier manteau en janvier. J’espere qu’il sera aussi beau que le tien 🙂
    • Augustin
      Super ! C’est vrai qu’un manteau c’est un projet long, mais c’est tellement chouette à porter une fois fini, et ça dure un temps… ! donc je te souhaite bon courage et j’espère voir le manteau bientôt ! tu me diras. En tout cas merci pour ton commentaire, ça fait super plaisir. A.
  8. C’est impressionnant ! Travailler un très beau tissu est à la fois intimidant et motivant, je pense…
    Aussi, quand on couds à la main, une matière agréable au toucher crée un rapport sensuel avec le vêtement, et ça donne de la patience. J’ai très souvent des projets en stand-by, attendant l’idée, la technique ou la fourniture qui manque, et souvent l’essayeuse aussi. C’est une façon de ne pas rester bloqué sur l’obtacle, je fais autre chose en attendant.
    • Augustin
      Oui c’est vrai ça ! je me rappelle des heures passée à fixer la toile au tissu, à l’aide des points de chevron par centaine. Mais c’était très agréable de modeler ainsi peu à peu la forme du revers, de l’avoir entre les mains… et quand on on a un beau tissu cela devient vraiment un plaisir.
  9. Stephany Andrée
    Superbe travail . Il est parfait .
  10. Superbe!
    je découvre ce jour votre blog et je suis impressionnée! Pour ma part, à ce jour, mon projet le plus abouti est un manteau laine doublé soie pour femme, avec col châle et poches paysannes..mais monté façon prêt à porter. Mais un ami, l’ayant vu, m a demandé de lui faire un blazer.. l occasion sûrement pour moi de tester les techniques de tailleur..je viens d ailleurs de commander le livre de Cabrera, un indispensable si j ai bien compris!
    Bonne continuation et bonne couture
    • Augustin
      Ah oui un manteau doublé ça fait du travail ! Je vais aller me rafraîchir la mémoire sur les poches paysannes par contre… Je suppose quand même que cette belle pièce doit être un vrai plaisir à porter !
      Alors bienvenue à l’atelier, et au plaisir d’avoir de vos nouvelles notamment à propos de ce projet de blazer ! En effet Cabrera sera précieux.
      À.
  11. Christiane Quidet
    Bonjour,
    Je me joins à tous les commentaires quel beau travail. Pour la doublure je préfère de beaucoup le montage à la main, après un travail aussi ardu cette activité détend. Si par la suite il faut changer la doublure c’est beaucoup plus facile.
    Je vous envie de pouvoir travailler avec des patrons tous fait surtout les vogues ils ont de très beaux modèles.
    Je vais avoir à patronner une veste forestière pouvez-vous m’indiquer la largeur de l’empiècement du manteau de Marcelin,
    cela me donnera une indication.
    Cordialement
    Christiane
  12. Christiane Quidet
    Bonjour,
    J’ai customisé mon mannequin Stockman, je lui ai mis un soutien gorge rembourré avec de la ouate, et tout le reste taille hanches avec ouate et bande Velpeau jusqu’à obtenir la taille désirée. J’ai recouvert le tout avec un sous pull dont j’ai coupé les manches. Puis j’ai fais d’après mon patron de base une enveloppe en jersey qui colle bien au mannequin et j’ai cousu pour ne pas qu’il bouge. Ensuite il faut marquer toutes les lignes toutes les lignes de constructions. Le mieux c’est du bolduc autocollant large pour ne pas qu’il se décolle facile à changer de place en cas d’erreur.
    Je vais t’envoyer une photo par mail.
    J’ai remarqué que la poche passepoilée à l’intérieur du manteau à une pointe en biseaux, c’est très esthétique comment as-tu fait ?

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