Chemise#03 : matériel, première chemise.

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Pour coudre, il existe des accessoires qui facilitent grandement la vie et qui permettent de prendre bien plus de plaisir à coudre soi-même un vêtement. J’en avais donné une liste ici, voici un article plus spécialement dédié à la chemise.

 

Le fil, les aiguilles, les épingles.

Le fil

Le choix du fil dépend de votre tissu. Pour le coton fin, je préfère du fil dit « rayonne ». Au début j’ai été assez surpris car ce fil me semblait plutôt fragile. C’est que contrairement à un polyester ou un coton pour tout coudre, constitués de trois brins torsadés, le coton mercerisé n’a que deux brins torsadés, mais par contre il est plus brillant, et bien sûr plus fin, et il s’adaptera mieux à la matière. Ce n’est pas le plus évident à trouver et il faudra que sa couleurs’accord à votre tissu, mais ça vaut le coup de chercher.

Si vous prenez un tissu plus épais, un coton normal ou un polyester s’adapteront très bien.

copyright alittlemercerie.com

Les aiguilles

Pour la machine, des aiguilles de 70 (fines) voire de 60 (j’ai trouvé jusqu’à 65 pour mon industrielle, pas 60, mais peut-être connaissez-vous des endroits où on en achète ?) seront parfaites, car elles n’abîmeront pas le tissu en passant.

Pour la couture à la main, des aiguilles très fines et – c’est ma préférence – courtes comme des n°9 seront très bien pour coudre les boutonnières à la main. Mais si vous brodez les boutonnières à la machines, vous n’avez aucune couture à faire à la main. Assurez-vous juste d’avoir sous la main une aiguille fine et un fil de coton pas trop gros pour bâtir certains endroits.

Les épingles

Comme tout projet de couture, vous serez amis avec vous épingles si vos épingles sont amies avec votre tissu. J’adore les épingles très fines (0,5 mm. de diamètre) car je trouve qu’elles prennent soin des tissus fins et -double avantage- pénètrent mieux dans les grosses épaisseurs. Mais elles sont fragiles et se tordent facilement, donc il faut les changer souvent. Ou devenir soigneux, Augustin… J’ai appris dans un livre consacré au couturier Cristobal Balenciaga que les plus jeunes employées avaient pour tâche quotidienne de ramasser les épingles tombées au sol sur l’atelier à l’aide d’un aimant, puis d’aller les laver !

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Autre matériel.

Les accessoires indispensables.

Dans votre trousse à outils, je vous conseille d’avoir :

  1. un feutre (totalement) effaçable à l’eau. C’est vraiment le plus pratique pour marquer très précisément les tissus fins (il faut faire un test sur une chute avant) ; ou une craie tailleur très affûtée :
  2. une réglette de 15 cm pour des mesures précises et une règles de patchwork ou un mètre au pire ;
  3. un clapper. C’est vraiment  un must-have. Trouvez un moyen d’en acheter/faire acheter/construire un !
  4. un pulvérisateur ;
  5. un coupe-fil ;
  6. un mètre ruban ;
  7. une paire de ciseaux aiguisés pour le tissu uniquement ;
  8. un découd-vite. Aucun.e de nous ne veut s’en servir. Mais on ne peut négliger l’éventualité… préférez un petit pour une chemise.
  9. Des boutons… à moins que vous n’utilisiez pas la chemise dans un contexte heu… hem… publique, vous aurez certainement envie de fermer votre chemise et il vous en faudra entre 7 et 9 pour le milieu, entre 2 et 4 pour les poignets, 2 pour les fentes de poignets (ou fentes capucins). 1,2 cm est un diamètre moyen, mais laissez votre oeil vous guider pour la taille comme pour la couleur. Pour les fentes capucins on prend généralement un peu plus petit (1,0 ou 0,9 cm).

 

Pour le patron :

Vous allez devoir marquer votre patron et votre tissu à l’étape 5, autant anticiper.

  1. Un rouleau de papier à tapisserie premier prix ;
  2. De larges feuilles de papier carbone ;
  3. Une roulette à patron ;
  4. une craie tailleur d’une couleur contrastant avec votre tissu ; ne prenez pas de crayon/craie ou autre instrument cher et sophistiqué : une craie et un cutter ou un couteau pour l’affûter, point barre ;
  5. un poinçon éventuellement, sinon la pointe des ciseaux.

 

Les accessoires qui facilitent la tâche :

Ce sont :

  1. Un coussin tailleur. Utile non seulement pour les pinces mais aussi pour presser les coutures d’emmanchure ou pour repasser le col ;
  2. un repasse-pointes. Vous serez très heureux d’en avoir un surtout si les pointes de votre col sont étroites, mais aussi pour les poignets par exemple ;
  3. des ciseaux de broderie pour ouvrir les boutonnières ;
  4. un perroquet ou une règle courbe pour redessiner les pinces ;
  5. un pied ourleur pour les ourlets étroits du bas ;
  6. un pied pour coutures rabattues, appelé fellig foot par nos amis anglais. J’enrageais de ne pas en trouver un et finalement, à défaut de trouver le pied ad hoc, j’ai trouvé comment en faire un à partir d’un autre pied bien plus courant ! L’astuce ici.

Sans oublier une bonne grosse, énorme dose de patience. Elle fait même partie des indispensables. Enervez-vous souvent, mais n’abandonnez pas !

En résumé avant de vous lancer.

 

Choisissez un tissu adapté à votre utilisation de la chemise. Décatissez-le et repassez-le en vous assurant que le droit fil est bien… droit.

Choisissez un fil qui ne se voit pas (en cas de doute privilégiez un fil un peu plus sombre), de préférence un peu brillant et fin, des aiguilles pour machines de 70 voire 60.

N’oubliez pas qu’il vous faut un peu de triplure légère : thermocollante ou toile fine à coudre, c’est votre choix. 20-30 cm suffisent.

Cousez – ça je ne l’ai pas encore dit – avec un très petit point et une tension pas trop forte. J’utilise un point de 1,25 mm sur ma machine. Vous pouvez même essayer plus petit, il faut juste que la machine et le tissu le supportent. Ces petits points permettent plus de souplesse et de solidité au niveau des coutures. Par contre gardez-vous bien de vous tromper : vous devrez découdre et alors là, vous allez le sentir passer. Après je dis ça je dis rien… hahahahaha !!!!

Ayez des accessoires qui vous rendront la vie facile. Parfois on radine un peu sur 10 € dans un objet,  mais si vous l’utilisez à chaque fois que vous cousez, pourquoi hésitez-vous encore ?

Ne soyez pas pressé(e). Chaque étape sur une chemise mérite qu’on y passe du temps. Si vous suivez le guide qui suit scrupuleusement vous aurez une magnifique chemise, que vous pourrez porter des années. Pourquoi aller vite ? N’oubliez pas le supplice du découd-vite…. !!!! (pour ceux.lles qui débutent, le découd-vite porte mal son nom : on ne découd jamais vite)

 

Si c’est votre première chemise.

  1. Ne choisissez pas un tissu pourri, genre « je vais la rater donc je mets 5 euros ». A moins que ce soit la chance de votre vie, pour 5E vous avez de la m… avec du polyester qui se repasse mal, ou alors une fibre rétive qui donne un effet cartonné détestable et inconfortable. Vous cousez pour porter vos habits, pas les jeter à la poubelle. Offrez-vous 2 m. de tissu pour 20 € et vous aurez déjà de quoi prendre beaucoup de plaisir. VOTRE PREMIERE FOIS DOIT ETRE INOUBLIABLE !!!!!
  2. Je l’ai dit plus haut : Si 1,5 m. suffit en général, allez jusqu’à 2m. pour votre premier essai. Comme ça vous pouvez vous permettre plein d’erreurs -sans abuser, vous énerver, mais avoir assez de tissu pour recommencer.
  3. Aidez-vous à réussir : ne choisissez pas les carreaux ou les rayures très espacées. A la limite un motif serré peut convenir (et même aider, comme un damier très fin ou un pied de poule mini, qui permettent de repérer le droit fil assez aisément), mais sinon choisissez un tissu uni. Je ne traiterai pas du raccord des rayures et encore moins des carreaux dans les articles suivants.
  4. Prenez un tissu non transparent. Le voile et même certaines batistes sont à oublier pour le moment, car comme on voit à travers, les coutures à l’intérieur doivent être parfaites, autant qu’à l’extérieur. Grosse pression. En plus ces tissus très fins sont particulièrement délicats à travailler.
  5. Evitez le noir ou le très sombre, parce que peu importe le vêtement que vous cousez avec, ça fatigue yeux et il faut être un peu entraîné.
  6. Choisissez un patron très simple. Le premier de Shimazaki dans le livre Les Chemises est très bien pour ça, sinon Burda ou d’autres doivent avoir ça. Mais concernant les explications, Shimazaki remporte la palme de la simplicité, et Burda la palme de… je ne vais pas médire…

L’idéal pour moi c’est une popeline blanche ou couleur unie de belle qualité que vous aurez envie de transformer en magnifique chemise !

 

copyright cotondoux.com

 

#04 : étude du patron de la chemise !

A.

6 Réponses

  1. Super article, comme d’habitude.
    Pour le fil, le coton 50 d’Aurifil est pour moi le must. Plus utilisé par les quilters (euses) ,mais très bien aussi pour coudre de la baptiste ou de la popeline.
    Une question, ou trouver des épingles aussi fines? C’est ma galère couture actuelle : je couds pas mal de jersey, et le risque est toujours d’abîmer la maille.
    • Augustin
      Bonsoir et merci !
      Je vais acheter du fil coton 50 d’Aurifil car je ne le connais pas : plus on a de choix mieux c’est.
      Concernant les épingles, mea culpa, j’ai fait une erreur que je vais donc corriger (du coup, encore plus merci !) : les diamètres des épingles s’échelonnent entre 0,50 mm. (et non 0,40) et 0,80 ou plus. En dessous, on a des épingles d’entomologistes ! Du coup, le diamètre basique est 0,60. Pour moi passer à 0,50 est vraiment une grande différence pour tous les tissus fins ou très épais (type garbardine par ex). On les trouve en ligne, chez Rascol par ex. ou dans les merceries assez largement fournies. Les marques utilisent des dénominations fleuries comme « super fines » très fines » « extra fines », or ce n’est en rien indicatif, Bohin proposant par exemple des épingles « super fines » pour un diamètre 0,60 (ici) mais aussi des épingles « extra fines »… pour le même diamètre ! (ici) Bref…
      Ca me rappelle une histoire de haricots, ça…
      Je ne couds pas énormément de maille encore, donc ne pourrai pas aller plus loin. Bien sûr il faut qu’on remplace nos épingles régulièrement, etc… mais il y a encore une chose que je n’ai pas testé, c’est la matière des épingles elles-mêmes : laiton, acier, acier trempé, acier trempé plaqué au nickel… ?
      Enfin, petite anecdote, j’ai appris il y a peu que la production artisanale et manuelle d’épingles avait fait vivre des générations pendant des siècles : les espingliers. Un article ici.
      Encore merci pour votre attention, et à bientôt !
      A.
  2. Bonjour Augustin, vous trouverez des aiguilles de la marque Schmetz en taille 60 chez College Sewing qui est un fournisseur industriel anglais pour les professionnels mais ouvert aux particuliers aussi :
    https://www.college-sewing.co.uk/store/134R-SIZE-60-PACK-OF-10-NEEDLES
    D’ailleurs ils ont de nombreux articles et accessoires pour les machines industrielles à prix très compétitifs, c’est une entreprise très sérieuse qui envoie les articles commandés en un temps record ! Bons achats.
  3. Bonjour,
    Je suis « tombé » par hasard…, au hasard de mes recherches sur votre blog qui m’a beaucoup plu.
    J’en profite donc pour solliciter votre expérience et vos conseils.
    Je suis en train de faire faire par une couturière de métier, qui aime son travail et ne le brade pas, un plastron de chemise avec col amovible et manchettes comme il était porté au 19ème siècle sous les smokings, par les hommes et parfois même par les femmes. J’ai donc choisi un coton sergé, uni blanc et « lourd » pour une meilleure tenue. J’ai réussi à trouver le patron de cette tenue aux USA. Ce plastron et ses accessoires sont destinés à être portés par mon épouse, sous un smoking. Je pense que le résultat sera très satisfaisant, cependant, je continue à chercher des maisons qui proposeraient cet ensemble à la vente.
    Pour fixer ce à quoi ressemblera le plastron et les accessoires, il suffit de regarder le film « Flash dance » de 1983 où l’on découvre l’héroïne le portant sous le smoking.
    La couturière qui travaille pour nous m’a indiqués qu’au 19ème siècle, les plastrons, cols et manchettes étaient amidonnés pour leur donner une tenue rigide. Par contre, je ne sais où me procurer cet amidon ni comment l’employer.
    Mon épouse porte également, à l’occasion de soirées, le plastron, col et manchettes rigides en plastique, accessoires qui sont également mal aisés à trouver.
    En espérant dénicher quelques idées auprès de vous.
    Bien cordialement
    Pascal.
    • Augustin
      Bonjour
      Merci pour votre intéressant questionnement. Je vais regarder Flash Dance, et je m’imagine déjà l’élégance que doit donner le port d’une chemise à plastron chez une femme. L’amidon peut se préparer chez soi, de plusieurs manières. J’avais écrit un billet dessus il y a quelques mois. A présent, ce que je fais pour amidonner mes chemises pendant le lavage est de mélanger une ou deux cuillers à café de fécule de maïs à 25cl d’eau, d’y ajouter quelques gouttes d’huile essentielle de tea tree, et de verser le tiers ou la moitié de ce mélange dans le compartiment adoucissant de ma machine.
      Cependant, si vous voulez amidonner fortement un col ou des poignets, il faut je pense que vous essayiez de les faire tremper dans une solution plus concentrée, après le lavage, et que vous les fassiez sécher ensuite. Repassez-les quand ils sont encore légèrement humides. Il existe des préparations toutes faites en magasin, mais je les déconseille car d’une part c’est cher, et d’autre part cela peut laisser des traces. En fait, il faut surtout que vous puissiez tester comment la matière amidonnée réagit à la chaleur. Si vous avez des chutes de votre tissu, c’est idéal, vous pourrez essayer dessus.
      En ce qui concerne les manchettes et cols en plastique, je n’y connais pas grand chose. J’ai récupéré il y a quelques années d’anciens cols amovibles, mais en cartons, eux. Bonne recherche !

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