Repasser ses chemises vite et bien.

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Bonjour,

 

Eh oui vous ne rêvez pas : deux articles dans la même semaine ! Pour une fois que je peux m’y tenir…

Nous avons parlé de lavage de chemise, il faut donc que je vous parle de l’étape importante qui va donner à votre chemise sa tenue et son élégance : le repassage.

Repasser ses chemises est quelque chose qui prend un peu de temps, mais souvent, par manque d’expérience, on y passe vraiment trop de temps. Avec un peu de méthode c’est réglé en quelques minutes. Même si on n’est pas fou du repassage, je pense que porter une (belle) chemise froissée est vraiment désagréable, et surtout c’est dommage. Si vous avez acheté votre vêtement quelques euros et qu’il contient plus de plastique que de fibres naturelles, alors je vous comprends, pas de repassage (qui dès qu’il y a beaucoup de polyester devient vraiment très très désagréable, et d’ailleurs à quoi bon acheter une chemise en polyester : vous aimez transpirer comme un boeuf ?), mais si votre chemise est faite (par vous) dans une belle matière, alors vous lui devez bien ça, non ?

Je vais prendre pour exemple une chemise en sergé de coton que j’ai réalisée il y a quelques temps déjà, avec des rayures et des poignets simples, et bien froissée…

 

Repasser chemises. Chemise.

1 – Le matériel

  • un fer à repasser SANS vapeur
  • un pulvérisateur à eau
  • un pulvérisateur contenant une solution d’amidon dilué (optionnel)
  • un clapper (optionnel)
  • un coussin tailleur (optionnel)

Repasser chemises. Matériel.

2- Préparation du linge

La chemise, qu’elle soit en coton, en lin ou en soie, a avantage à être repassée humide. Trois possibilités :

  • Vous « cueillez » votre chemise à la fin du programme de lavage (parfois c’est un peu trop humide il faut la faire sécher un peu) ou à la fin du programme « prêt-à-repasser » de votre sèche-linge dont le but, si la machine est bien réglée, est de laisser votre linge un peu humide justement.
  • Vous utilisez un pulvérisateur à eau avec lequel vous humidifiez le tissu avant de le repasser. L’humidité est moins homogène mais c’est quand-même satisfaisant.
  • Le top est de laisser « infuser » votre chemise de la manière suivante : vous l’humidifiez au pulvérisateur puis la roulez dans un sac plastique dans lequel vous faites le vide et laissez l’humidité imprégner le tissu pendant 30 minutes à une nuit, comme indiqué sur le blog de lavraiechemisesurmesure, mais parfois moi j’oublie.

Ensuite il est nécessaire de tirer sur les coutures. Pendant le lavage les fils ont tendance à se rétracter un peu et il cette étape du repassage vise à redonner à la chemise ses dimensions initiales. Par contre vous êtes libres de le faire quand vous voulez : moi j’étire les coutures au fur et à mesure que je repasse mais vous pouvez aussi choisir de toutes les étirer avant de commencer le repassage. Les coutures à étirer : poignets, manches, emmanchures, pied de col et col, patte de boutonnage, côtés, empiècement dos.

Le fer est réglé sur très chaud pour le coton, plus encore pour le lin. La soie demande une température moyenne. Mais ce dont vous pouvez être sûr, c’est que vous avez dix fois moins de chance d’abîmer votre tissu avec la chaleur CAR vous repasserez sur de l’humidité.

 

2- Repasser ses chemises sur l’endroit.

a- Les poignets

J’utilise, suivant l’épaisseur des poignets eux-mêmes, plus ou moins d’une solution d’amidon dilué à 1/2. Si je veux rigidifier un peu un poignet fin (coton fin et entoilage en toile de coton par exemple) j’humidifie complètement la zone et je repasse. Si le tissu est épais et/ou entoilé avec du thermocollant il y a besoin de moins pulvériser.

Je repasse les poignets doubles types poignets mousquetaires ou napolitains directement sur l’endroit (face visible).

Pour les poignets simples (qui ne se rabattent pas), je ne repasse pas systématiquement sur l’endroit, cela dépend de la manière dont il a été cousu. Comme le poignet est destiné à faire le tour du poignet (ben oui), la surface de tissu à l’intérieur nécessite d’être moins importante que celle à l’extérieur, pas de beaucoup mais un peu quand même. (un peu comme les pistes d’un stade d’athlétisme : celle qui est à l’intérieur est plus courte que celle à l’extérieur).

Deux choix se présentent alors : le poignet a été conçu sans s’occuper de ce détail, comme 90% au moins des chemise en prêt-à-porter ou si vous cousez vos poignets à plat ; ou le poignet a été cousu de manière à respecter cette différence de longueurs, de sorte que, roulé autour de votre poignet le tissu est plat à l’intérieur comme à l’extérieur, mais que posé à plat, on remarque un excès de tissu sur la face endroit, qui dès lors est assez malaisée à repasser.

Dans le cas 1, je repasse le poignet à plat sur l’endroit.

 

Repasser ses chemises. Poignet.

 

Dans le cas 2, je repasse juste les surpiqûres su poignets sur l’endroit (juste le périmètre extérieur, quoi), puis je retourne le poignet et le repasse sur l’envers. Je pose mon fer sur un côté et le glisse le long du poignet en relevant le côté par lequel j’ai commencé au fur et à mesure que mon fer avance, de manière à donner au poignet sa forme finale en 3D pendant que je repasse. Ca paraît un peu technique comme ça mais en réalité ce n’est pas grand chose. Encore une fois c’est Laliquette qu m’a donné cette idée en l’expliquant pour le col.

 

b- Les manches.

Après chaque poignet je fais aussitôt la manche à laquelle il est attaché.

Le seul point compliqué dans la manche ce sont les plis d’aisances qui partent du poignet. Regardez où ils se trouvent et arrangez vous pour les voir quand vous repassez la manche. En général, je place la fente de poignet face sur la table, comme ça j’ai deux plis face à moi.

 

Repasser chemises. Plis.

 

 

J’étire la couture d’emmanchure et je regarde si je vais mettre la couture de manche face à moi ou face contre la table. Comment ? je regarde dans quelle configuration je peux plier au plus près de la tête de manche, c’est à dire au milieu de l’empiècement. Un dessin vaut mieux qu’un long discours.

 

Repasser chemises. Couture.
Couture d’emmanchure contre la table.

 

 

Repasser chemises. Empiècement.
Trouver le milieu de la tête de manche au milieu de l’empiècement.

 

Une fois que c’est décidé j’étire la couture de manche jusqu’au poignet, puis je lisse autant que possible la zone supérieure de la manche. Normalement, le pli de la manche suit le droit fil, donc ici une rayure.

 

P1010652P1010650

 

Quand on arrive aux plis ça se complique un peu. L’idéal est d’avoir une jeannette, petite planche sur laquelle on enfile la manche et on repasse les plis directement dessus. Mais je n’en ai pas. Je continue de lisser la manche, et je forme les plis à la main, rapidement, en décidant quelle longueur je leur donne. Pas besoin de les allonger énormément. Une fois que j’ai donné la longueur du plis, je le presse directement au fer, éventuellement avec le clapper.

 

Repasser chemises. pli.
Ici pour moi le pli est trop long.
Repasser chemises.
La bonne longueur pour moi.

 

 

 

 

 

 

 

Repasser chemises. manche.
La manche repassée. Regardez la forme au niveau du pli de poignet.

 

La manche est plate sur la table et je la repasse en partant du haut et en suivant le droit fil. On peut utiliser le clapper pour que le pli du haut de la manche soit encore plus défini et précis. J’insiste sur les coutures d’emmanchures et de manche.

 

Repasser chemises. Clapper.

 

 

c- Le devant droit.

La chemise placée sur le bout de la planche, je vais repasser d’abord l’ourlet du bas puis remonter en suivant le droit fil. Contourner les boutons peut être utile si le tissu est épais, ou si on a l’intention de laisser quelques boutons ouverts. Sinon ils seront masqués par la partie gauche une fois la chemise fermée donc si vous êtes pressés vous pouvez passer.

 

Repasser chemises. devant.

 

 

d- Le dos.

C’est aussi simple que le devant, à ceci près que le dos comporte parfois des plis en haut ou des pinces au niveau de la taille.

– Si il y a un pli central, je pense que le mieux est de ne pas le marquer.

– Si il y a deux plis de chaque côté au niveau des omoplates, je les marque mais les fais assez courts.

– Pour les pinces, soit je repasse sur un coussin tailleur, soit j’aplatis le tissu sur un côté de la pince, repasse, puis aplatis l’autre côté de la pince, repasse.

 

Repasser chemises. pince 1
Lisser le tissu d’un côté de la pince…
Repasser chemises. Pince 2.
… puis de l’autre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

e- Le devant gauche.

J’amidonne souvent la patte de boutonnage pour qu’elle soit bien plate et garde de la tenue, puis je procède comme pur le devant droit.

 

Repasser chemises. devant

 

f- Les empiècements.

Je les fais en dernier car c’est sur eux que sont attachées toutes les pièces ou presque. A plat sur le bout de la planche à repasser, je repasse les couture, je glisse en respectant toujours le droit fil.

Je fais simplement attention à ne pas empiéter sur la manche pour ne pas atténuer le pli que j’ai formé auparavant.

 

Repasser chemises. empiècement Repasser chemises. empiècement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

g- Col et pied de col.

Au niveau de l’amidonnage c’est le même principe que les poignets. Et pour le repassage aussi ! A savoir que je repasse d’abord le col sur l’endroit par l’extérieur, puis je le replie sous le pied de col que je repasse en tirant à partir de chaque bord jusqu’au centre pour donner une forme ronde dès le repassage. Absolument indispensable pour les cols qui ont été cousus avec plus de tissu à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Vérifiez qu’il n’y a pas de baleines de col en plastique avant de repasser !

 

Repasser chemises. col Repasser chemises. pied de col

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repasser chemises. fin
Je repasse le col plié du bord vers le milieu en le roulznt
Repasser chemises. sèchage.
Quand le col a été roulé, je laisse la vapeur se dissiper en fermant le premier bouton. Comme ça le col garde la forme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est fini ! Il vous aura certainement fallu plus de temps pour lire tout ça que pour réellement l’appliquer sur votre chemise. C’est une simple question d’habitude. Au début je mettais 15 minutes, maintenant 5 bonnes minutes suffisent.

 

Repasser chemises. fin.

 

 

 

3- Le pressing.

Certains d’entre vous lisent peut-être cet articles en se disant que, à quoi bon repasser, tout va au pressing.

Il ont bien raison et nombreux sont les établissement qui proposent maintenant des forfaits avec des prix plutôt compétitifs. Et si vous n’aimez vraiment pas repasser, alors c’est une excellente solution.

Une chose peut décider à repasser soi-même, c’est que le pressing repasse à plat (presse, quoi). Dès lors que votre chemise est conçue avec de l’aisance au col et au poignet, vous aurez rarement voire jamais un résultat satisfaisant puisque, ainsi que je l’ai détaillé dans le passage sur les poignets, une telle conception de la chemise, destinée à avoir une tenue parfaite et donc en 3D, ne supporte pas d’être pressée à plat.

 

4- Sur le repassage des chemises.

 

Je continue ma série sur la chemise prochainement. A bientôt !

 

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