Chemise#01 : Introduction.

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Bonjour à toutes et tous,

la chemise est le vêtement que j’ai le plus pratiqué depuis mes débuts, mais lorsque j’ai commencé à coudre j’ai eu du mal à trouver sur internet un tutoriel me permettant de vraiment comprendre comment ça marchait. J’entreprends donc avec cette série de posts de combler ce qui m’est apparu comme un manque. Si vous avez vous-même des bonnes adresses internet ou des références que je n’ai pas remarquées, vous pourrez les mettre en bas dans les commentaires !

Je prépare cette série d’articles depuis des mois, à chaque fois que j’ai un peu de temps, et j’avais décidé de tout finir avant de commencer à publier, mais à quoi bon finalement ? Voici le début, et la suite viendra au fur et à mesure.

 

Mes références pour la chemise.

S’il est vrai que la toile est un peu vide sur la construction de la chemise, deux livres en parlent très bien, et c’est grâce à eux que j’ai appris la plupart des choses que je partage à présent avec vous. Qu’on soit bien clairs : les techniques que je présente sont mon interprétation des deux ouvrages ci-dessous, qu’il vous faut absolument acheter si vous souhaitez confectionner des chemises et que vous ne les possédez pas encore. (Ce que j’ai appris par moi-même, ce sont surtout les erreurs – nombreuses – que l’on peut commettre et que j’ai commises, et j’essaierai de déminer le terrain au fur et à mesure que nous avancerons ensemble dans la construction du vêtement).

  1. Ryuichiro Shimazaki : Les Chemises m’a beaucoup aidé à mes débuts et est un très beau livre. Je lui emprunte sa chemise de base à savoir les devants, et même juste le devant gauche pour être exact, le dos à pinces, les manches et les empiècements. 4 pièces seulement, car le livre de Shimazaki est bien fait : il est prévu pour pouvoir être adaptable aux différents modèles de poignets et de cols dont on a envie, et un peu de pratique aidant cela devient assez facile et surtout très plaisant.
  2. David Page Coffin : Shirtmaking (en anglais). Une mine. Une bible. Et les synonymes suivants. Vaut le coup d’apprendre l’anglais juste pour ça !

 

chemise introduction
Copyright

 

 

chemise introduction
copyright

 

A consulter aussi, ce blog, écrit par un professionnel passionné, et qui regorge d’informations précieuses, d’anecdotes, de témoignages… Je n’en ai pas encore fait tout le tour mais c’est un très beau site.

La coupe du tissu sera traitée une autre fois. Je préfère prendre le temps d’aborder sérieusement ce point délicat, mais je vous invite à aller voir cette série de vidéos intéressantes faites par Aiguillez-moi.

 

La chemise comme sous-vêtement.

Une chemise est à l’origine un sous-vêtement. C’est-à-dire qu’elle est faite pour être portée à même la peau et à être recouverte par d’autres vêtements. Un « sous » vêtement quoi ! Elle possède donc plusieurs caractéristiques qui dérivent de cette fonction première :

  • Elle est faite d’un tissu fin pour ne pas gêner les mouvements, léger et respirant pour permettre à la transpiration de s’évacuer facilement, doux car contre la peau. Popeline ou baptiste de coton, sergé ou toile fine de coton, mais parfois aussi soie.
  • Elle descend assez bas pour pouvoir être rentrée dans le pantalon et n’en pas ressortir dès qu’on se penche pour faire son lacet, elle peut même parfois couvrir les fesses de son porteur. Par contre tout excès de longueur sera payé immédiatement par l’impression d’avoir enfilé un drap en même temps que son caleçon.
  • Son emmanchure est traditionnellement assez haute pour ne pas entraver les mouvements du bras. Qu’est-ce qu’une emmanchure haute au juste ? c’est le fait que la base de la manche soit près de l’aisselle. Plus l’emmanchure est haute, plus le bras peut se lever sans tirer sur le tissu du bas de la chemise, plus le bras est libre. En gros, plus le vêtement est près du corps, plus l’emmanchure doit permettre une liberté de mouvement. Plus le vêtement est mis en dernier (le pardessus à la fin par exemple), plus l’emmanchure est basse pour justement permettre aux emmanchures plus hautes de s’encastrer à l’intérieur. C’est un peu un jeu d’emmanchures russes, si vous voulez… Emmanchure haute ne veut pas non plus dire emmanchure étroite : on voit beaucoup de chemises dites « près du corps » qui nous scient les aisselles dès qu’on tend les bras, ce qui est rarement un signe de bonne coupe…
  • Elle ne comporte pas de poche. Est-ce que vous mettez des poches sur votre culotte ? Mais bien sûr, tout est aménageable y compris sur votre caleçon fétiche.
  • Elle n’est pas doublée. La seule double épaisseur est celle de l’empiècement du dos, parce qu’il constitue le centre de la chemise sur lequel toutes les autres pièces sont attachées, et les poignets et col.
  • Ses coutures intérieures sont toutes finies de manière à ce qu’on ne les sente pas contre la peau, ce qui demande une attention particulière et plus de temps qu’un simple surjet.
  • Son col et ses poignets, seuls endroits a priori visibles sous un autre vêtement, font l’objet d’un soin particulier au niveau des détails et de leur forme et sont ajustés le plus près possible du cou et des poignets.
  • La manche est fendue pour pouvoir passer la main à l’enfilage : c’est le rôle de la fente capucin.
  • La manche comporte un, deux voire trois plis au niveau du poignet, dits « plis d’aisance », qui permettent de donner de la place à l’avant bras et au bras, surtout si le bras est musclé, tout en ayant un poignet ajusté. Les plis peuvent aussi être remplacés parfois par des fronces réparties autour du poignet, mais c’est moins courant.
  • Elle se boutonne, comme tout habit masculin, avec le bord gauche sur le bord droit (alors que pour les femmes c’est l’inverse, droit sur gauche).

 

cotons
Les tissus dont j’ai fait mes premières chemises : sergés rose et bleu, lamé blanc et beige, popeline blanche, sergé rayé blanc et bleu.

 

 

Je suis à peu près sûr que j’ai oublié pas mal de choses, mais il est temps de s’y mettre. J’ai choisi pour cette série d’articles un modèle que j’ai cousu en début d’année dans un sergé coton avec fil soie magnifique que j’avais déniché chez Tissu Market, rue du Sentier. Ce tissu n’est pas le plus facile à travailler mais il a le grand avantage d’avoir un envers bleu clairement identifiable par rapport à l’endroit, beaucoup plus blanc et brillant.

 

 

Demandez le programme !

Quand j’ai commencé à coudre des chemises, je me suis rendu compte que ce vêtement est un peu un concentré de difficultés techniques. Sa finesse, son élégance, tiennent de la réussite de pas mal d’étapes que je vais donc détailler dans les prochains billets. Rien d’insurmontable si on prend son temps. Je vous ai fait une tonne de photos pour être clair au maximum !

Ne soyez pas découragés.ées d’avance après cette introduction, car non seulement porter une de ses propres chemises est un vrai bonheur, mais en plus toutes ces connaissances techniques servent dans bien d’autres habits, masculins ou féminins, et vous serez heureux.ses de les réutiliser !

J’ai mis beaucoup de temps à réaliser ces articles qui souvent étaient très très longs à écrire (et à lire…), ce qui m’a amené à séparer plusieurs d’entre eux en deux. Vous trouverez le sommaire ici ou dans le menu principal L’atelier>Coudre une chemise de A à Z.

 

A bientôt !

A.

 

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